La Lettre de l'EPA n°40

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Bandeau La Lettre 40

 
 
 
 

L'Editorial de Samuel Kidiba

 

Samuel KidibaLentement mais sûrement!

Chers lecteurs de la Lettre de l’EPA,

La crise économique mondiale qui n’épargne aucun secteur, affecte bien évidemment le monde culturel, déjà parent pauvre du domaine des finances.

Malgré la belle aura qui entoure notre organisation, malgré les actions visibles et salvatrices pour le patrimoine culturel et naturel africain, l’EPA fait face aujourd’hui à des rumeurs très répandues dans l’opinion publique qui font état de l’imminence de sa fermeture.

L’EPA plie mais ne rompt pas ! Nos perspectives sont belles !!!!

En effet, pour le compte de la rentrée universitaire 2017-2018, l’EPA lance une nouvelle offre de formation : la Licence professionnelle en gestion du patrimoine est ouverte aux bacheliers, aux membres des ONGs, associations, etc. L'objectif général est de former des professionnels du patrimoine, capables d’assurer la gestion des tâches techniques de protection, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel et naturel.

Cette licence professionnelle, très innovante et pratique est placée sous le couvert scientifique de l'Université d'Abomey-Calavi et des partenaires traditionnels de l'EPA.

Ce programme est destiné aux candidats ayant terminé leurs études secondaires et qui sont titulaires du baccalauréat toutes séries ou de tout autre diplôme admis en équivalence. Toutes les nationalités peuvent prendre part à cette licence.

Pour coller à notre actualité, notre belle institution a organisé de nombreuses activités recemment !

Dans ce numéro de la Lettre de l’EPA, vous lirez un article sur la formation au profit de 11 Archivistes du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Rwanda, organisée du 14 août au 22 septembre 2017 à l'EPA en partenariat avec le Musée Royal de l’Afrique Centrale (MRAC), les Archives Générales du Royaume (AGR) et sur un financement de la Coopération belge au développement.

Le dossier de ce numéro est consacré à la nouvelle Licence mise en place par l’EPA. Patrice Ekwalla est l’ancien participant qui nous parlera de ses acquis depuis la fin de sa participation à la 3ème promotion de la Licence professionnelle en sauvegarde et valorisation du patrimoine.

Des nouvelles du réseau EPA vous seront aussi données et pour finir vous aurez notre habituelle parole de sagesse.

L'EPA tient bon malgré la tempête! Nous avons besoin de tous, pour grandir davantage !

 

Samuel Kidiba 

 

 

 

 
 

Dossier

 

Nouvelle Licence professionnelle en gestion du Patrimoine de l’EPA

Travaux pratiques aux Archives NationalesPour participer à la volonté des Etats africains de diversifier leurs économies à travers la conservation et la mise en valeur de leur patrimoine culturel et naturel, et  la promotion du tourisme, l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA, a initié une nouvelle Licence professionnelle en gestion du patrimoine, dès la rentrée académique 2017-2018.

Cette licence se démarque fondamentalement des anciennes par le fait qu’elle est destinée principalement aux candidats ayant terminé leurs études secondaires et qui sont titulaires du baccalauréat toutes séries ou de tout autre diplôme admis en équivalence. Il existe aujourd’hui sur le continent, une jeunesse exigeante, en quête de formations pointues, pratiques et accessibles afin de participer au développement du continent.

Cette licence en gestion du patrimoine est une réponse pratique au chômage des jeunes. Elle répond à la demande des Etats de plus en plus conscients du rôle du patrimoine culturel et de la culture en général dans le développement. La licence se déroulera sur six (06) semestres, soit trois (03) années académiques. L’une de ses spécificités est qu’à l’instar des autres formations dispensées par l’EPA, elle sera plus pratique que théorique, innovante et ouverte sur les exigences et l’évolution des sciences et techniques du domaine du patrimoine.

Les diplômés de cette formation seront dotés de compétences diversifiées telles que :

- conserver et mettre en valeur les collections (objets culturels) des musées ;

- assurer l’animation et la gestion des publics des musées et des institutions patrimoniales assimilées ;

- exécuter les tâches administratives spécifiques liées à la gestion des institutions patrimoniales telles que les sites et paysages ;

- élaborer des politiques de protection et de mise en valeur des styles architecturaux;

- assurer la mise en œuvre des projets de développement culturel ;

- conseiller les décideurs quant à la valorisation des biens culturels et patrimoniaux au niveau local, national et international ;

- promouvoir la diversité culturelle des communautés à travers la sauvegarde de leur patrimoine culturel immatériel.

Travaux pratiques aux Archives NationalesL'objectif général est de former des professionnels du patrimoine capables de d’assurer la gestion des tâches techniques de protection, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel et naturel. De manière spécifique, au terme de la formation, tout diplômé sera capable de :

- résoudre les problèmes avec le souci de professionnalisme et de fiabilité nécessaires à un développement viable des institutions du patrimoine ;

- exécuter une politique de gestion du patrimoine dans les institutions patrimoniales ;

- appliquer les principaux éléments nécessaires dans la mise en place d'un plan de gestion ;

- évaluer les risques de sécurité sur les sites du patrimoine ;

- gérer, animer, aménager les sites touristiques, culturels et naturels;

- élaborer des contre-mesures pour la prévention des menaces liées aux risques de sécurité ;

- élaborer de nouvelles approches du public permettant un meilleur positionnement des institutions patrimoniales ;

- suivre les processus de réhabilitation et de restauration du patrimoine ;

- gérer une entreprise culturelle.

Toutes les nationalités peuvent prendre part à cette licence qui s’ouvre ainsi aux divers métiers du patrimoine : guide du tourisme, animateur et gestionnaire des sites, diplomate culturel, coopérant culturel, muséologue, muséographe, archiviste, documentaliste, bibliothécaire, législateur du patrimoine, spécialiste en droit du patrimoine, patrimoniteur, communicateur culturel, administrateur culturel etc.

Ces métiers constituent le poumon du développement voulu et vivement souhaité pour le continent africain. La licence sera placée, sous la supervision scientifique de l’Université d’Abomey Calavi- UAC du Bénin et des partenaires traditionnels de l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA. Elle répond ainsi au système LMD (Licence-Master-Doctorat).

Les inscriptions sont déjà ouvertes.

Osseni Soubérou

 

 

 

 
 

Evènements

 

Deuxième édition du programme FORMARCH à l’EPA

TPLe programme FORMARCH est une réponse aux nombreuses demandes de renforcement de capacité des institutions de gestion du patrimoine documentaire, en provenance de l’Afrique centrale, reçues par le Musée Royal de l’Afrique Centrale (MRAC) de Tervuren. C’est un atelier de formation de six semaines dont l'objectif est d’offrir un enseignement spécifique devant contribuer à l’amélioration de la gestion des fonds d’archives du Burundi, de la République Démocratique du Congo et du Rwanda. Mis en œuvre par l’EPA, pour la première phase, il se déroule en partenariat avec le MRAC ainsi qu’avec les Archives Générales du Royaume (AGR), et grâce au soutien de la coopération belge au développement. La deuxième édition de ce programme s’est déroulée à l’EPA du 14 août au 22 septembre 2017.

Pour atteindre l’objectif fixé, il a été mis en place un programme de formation composé des modules comme : principes généraux en gestion des archives ; conservation des documents d’archives : matériau et dégradation ; évaluation de l’état de conservation et de gestion des fonds d’archives ; stockage et gestion des magasins d’archives ; interventions et traitements ; plan de conservation préventive pour un service d’archives ; transfert de support; traitement informatique des dossiers d’archives, etc.

Au regard de la cible et des objectifs assignés à cette formation, la pratique a été fortement associée à la théorie. Les modules ont été conduits par des enseignants et professionnels en provenance de l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, de l’Université Gaston Berger (spécialement du Centre de Recherche et de Documentation) de Saint Louis du Sénégal, de l'Université d'Abomey Calavi (ENAM), de la Direction des Archives Nationales du Bénin, du Musée des Civilisations de Dschang au Cameroun et de l’Ecole du Patrimoine Africain.

Au terme des enseignements déroulés et surtout des travaux pratiques organisés principalement au Centre Béninois de Recherche Scientifique et de l’Innovation (CBRSI), les résultats suivants ont été atteints :

- 11 participants ont été outillés pour mieux prendre en charge la gestion des documents d’archives, grâce aux différents cours programmés et listés plus haut ;

- Des propositions concrètes ont été faites après les travaux pratiques de groupes au CBRSI sur l’évaluation de l’état du bâtiment de même que l’inspection de la nature et des dégradations des collections ;

- La salle de lecture de la bibliothèque a été rangée et réaménagée ;

- Un nombre considérable de documents a été dépoussiéré, conditionné et rangé dans le magasin y destiné ;

- Une dizaine de cartes a été réparée ;

- La visibilité du MRAC et de l’EPA a été renforcée.

 Les deux meilleurs participants pour parachever éventuellement cette formation, iront au MRAC à Tervuren en Belgique.

Diane Toffoun

 

 
 

 

 

Nouvelles des anciens de l’EPA

Patrice Ekwalla Interview avec M. Patrice Ekwalla du Musée Maritime de Douala (Cameroun).

EPA : Merci de vous présenter aux lecteurs de La Lettre de l’EPA.

PE : Je me nomme Patrice Ekwalla, je suis un camerounais de 32 ans, né de parents camerounais et dernier d’une fratrie de six (06) personnes. Ma jeune carrière dans le patrimoine a démarré en 2006.

EPA : Vous avez pris part à la dernière édition de la formation : Licence professionnelle en sauvegarde et valorisation du patrimoine organisée par l’Ecole du Patrimoine Africain-EPA, quel a été votre parcours professionnel et académique depuis la fin de cette formation à l’EPA ?

PE : Permettez-moi d’abord de profiter de cette prestigieuse tribune pour remercier encore toute ma famille et d’avoir une pensée pieuse pour mon père qui nous a quittés l’an dernier et n’a pas pu apprécier l’évolution de ma carrière. Je pense naturellement au Musée des Civilisations à Dschang (Cameroun), mon ancien employeur qui m’a donné l’opportunité de présenter ma candidature à cette édition de Licence Professionnelle. Je remercie également le SCAC (Service de Coopération et d’Action Culturelle) de l’Ambassade de France au Cameroun qui m’a accordé une partie précieuse de ma bourse d’études, le SCAC de l’Ambassade de France au Bénin, et les Responsables de CAMPUS France pour leur précieux accompagnement durant mon séjour au Bénin. Je me trouve à court de mots pour remercier le personnel de l’Ecole du Patrimoine Africain, tous mes encadreurs et tous les partenaires Institutionnels, Financiers et Techniques qui ont soutenu cette licence professionnelle. A l’issue de ma formation à l’EPA, en Février 2015, sanctionnée par l’obtention de ma Licence Professionnelle en Sauvegarde et valorisation du Patrimoine, j’ai exercé tour à tour comme Conservateur-Médiateur Culturel, Responsable Tourisme et Culture, et Chef Service respectivement au Musée des Civilisations à Dschang, au Centre des Cultures Jean-Louis Dumas (Bangoulap-Cameroun) et au Musée Maritime de Douala, ma structure actuelle. Parallèlement, depuis deux (02) ans, je suis enseignant missionnaire à l’Institut des Beaux-Arts de Foumban/Département d’Arts et Technologie du Patrimoine, où j’anime un Stage en Inventaire et Restauration du Patrimoine (en licence 2) et un Cours sur les Techniques de montage d’Exposition et Médiation culturelle (en licence 3).

EPA : Quelle appréciation faites-vous de votre formation et de l’ambiance qui a régné pendant la durée de votre séjour à Porto-Novo au Bénin?

PE : Je garde de très bons souvenirs de ma formation et de mon séjour à Porto-Novo. Sur le plan de la formation, ce qui m’a marqué, m’a façonné et me permet en quelque sorte d’être compétitif sur le terrain, c’est l’acquisition de connaissances et d’aptitudes pratiques qui me permettent d’être opérationnel. Je prendrai pour exemple l’aptitude à intervenir sur différents matériaux constitutifs des collections de musées, archives et bibliothèques par des actions de sauvegarde, et la capacité à mettre en place des documents de politique générale et des documents de procédure pour la gestion et l’animation des musées notamment. Parlant de mon séjour à Porto-Novo, je garde à l’esprit la simplicité, l’hospitalité des citadins et surtout leur ancrage dans leurs valeurs culturelles qui se perpétuent notamment : la sauvegarde de l’architecture afro-bresilienne caractéristique, la protection de la Forêt Sacrée devenue Jardin des Plantes et de la Nature (grâce à l’intervention de l’EPA), la vitalité des Temples Vodoun, le talent des troupes de danses traditionnelles qui recrutent parmi la jeunesse, les cérémonies pompeuses de Mariage ou de Funérailles, la Fête des Cultes Endogènes, les lieux de restauration populaires où je consommais le délicieux « fromage » ou encore le « gboma ». Les souvenirs de notre voyage d’étude à travers le Bénin profond restent aussi vivaces notamment notre passage à Natitingou, Ouidah, Abomey, Parakou…etc

EPA : Comment est-ce que vous mettez en pratique les savoirs, savoir-faire et même savoir-être acquis durant votre formation ? Comment tout ceci vous sert-il dans l’exercice de vos fonctions actuelles ?

PE : Comme je le mentionnais tantôt, cette formation que j’ai suivie à l’EPA m’a permis d’être opérationnel dans diverses structures culturelles, par l’introduction d’une approche dans la gestion et l’animation adaptée à chaque environnement professionnel. Je voudrais citer ici sommairement quelques expériences que nous avons conduites dans différentes structures. Le développement de la médiation artistique par la mise en valeur des talents locaux, au Musée des Civilisations à Dschang en 2015 : l’Exposition de photos « Le Reflet de l’Ouest » et le Café-Musique « Sanzaphonies » organisés dans ce cadre, ont permis respectivement aux publics de questionner le rôle de la photographie dans nos sociétés contemporaines à travers les tableaux du Photographe MEKEM Zamboue Prosper « Perez » et de redécouvrir la richesse de l’instrument de musique « Sanza » à travers la carrière exceptionnelle du musicien Jasmin Songouang dit « MAPMAN », inventeur du « YEDEME ». Le lancement en juin 2017 d’ateliers de médiation artistique, scientifique et technique au Musée Maritime de Douala (Ateliers Matelot junior, Chants et Contes Marins, Expérimentations Scientifiques, Bricolage des éléments de la Faune et de la Flore Marine), est venu renforcer la dimension pédagogique de l’exposition permanente et ouvre désormais la voie à la construction d’un parcours jeune et de mallettes pédagogiques adaptés aux besoins de la communauté éducative.

EPA : Que représente pour vous l’EPA et quel regard jetez-vous sur sa place et son rôle en Afrique aujourd’hui?

PE : Je peux dire modestement que l’une des plus grandes réussites de l’EPA c’est d’avoir construit au fil des années à travers le continent, une masse critique de professionnels du patrimoine capables chacun dans son contexte d’indiquer à son entourage (collègues, administrateurs, décideurs) au moins la direction idoine à suivre, à défaut de pouvoir modifier les pratiques surannées. Malgré que l’EPA ait déjà mené des programmes d’envergure dans ces divers champs dans plusieurs pays d’Afrique dont le Cameroun (Par exemple les programmes Africa 2009 et MSD), sa présence est plus que jamais indispensable pour accompagner les Etats de sa zone de compétence, les entreprises culturelles publiques et privées et les professionnels, en vue donner un impact durable aux efforts qui sont fournis ici et là. Je suis aussi conscient du fait que cet accompagnement demande une plus grande générosité des Etats à contribuer au financement de l’EPA devenue une institution Panafricaine depuis 2015 donc officiellement un des bras séculiers de l’Union Africaine dans la Sauvegarde et la Promotion du Patrimoine à travers le Continent. Ce financement des Etats Africains traduirait aussi une prise de conscience générale sur le fait que le soutien au Patrimoine est plus qu’une question d’économie, c’est surtout une question de Souveraineté (Suivez mon regard).

EPA : Qu’avez-vous à dire pour clore cet entretien ?

PE : Je voudrais une fois de plus remercier l’équipe dirigeante de l’EPA de m’avoir donné cette opportunité de m’adresser à cette grande et prestigieuse audience. Ceci démontre que l’EPA est constamment à notre écoute et suit attentivement notre évolution en tant que professionnels africains passés dans ses écuries. Par ailleurs cet échange fait partie du souci d’efficacité que l’EPA recherche à travers un suivi post-formation. J’espère que mes collègues et moi sommes et serons toujours à la hauteur des espoirs placés en nous et exprimés dans le discours mémorable prononcé par le Directeur M. Samuel Kidiba à notre cérémonie de sortie le 27 Février 2015.

Propos recueillis par Osséni Soubérou

 

 

 

 

 
 

Nouvelles du Réseau EPA

 

 Nous avons le plaisir de partager avec vous quelques nominations à la tête des ministères de la culture de 4 pays.

 

Il s'agit respectivement de:

- M. Dieudonné Moyongo, Ministre de la Culture et des Arts (Congo),

- M. Abdou Latif Coulibaly, Ministre de la Culture et de la Communication (Sénégal),

- M. Sanoussy Bantama Sow, Ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique (Guinée)

- M. Rufino Ndong Esono, Ministre de la Culture de la Guinée Equatoriale

- M. Jean-Paul Koudougou, Secrétaire Général du Ministère de la Culture (Burkina Faso)

- M. Waongo Alassane, Directeur du Musée National (Burkina Faso)

- M. Sidi Lamine Koné est nommé Directeur National Adjoint du Patrimoine Culturel du Mali.

 

Nous leur présentons nos chaleureuses félicitations et leur souhaitons plein succès!

Mariam Chitou

 
 

 

 
 
 

Parole de Sagesse

 
« De longues lianes ne suffisent pas pour construire une case, il en faut aussi des courtes pour parfaire les angles. » — Cameroun  
 
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Edition : Mariam Chitou, Osséni Soubérou.
Conception : Anne Avaro avec la participation de Aude-Maïmouna Guyot-Mbodji.
© Ecole du Patrimoine Africain 2017 - ISSN 1840-5630
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